2006 en quelques lignes
En France, la politique a fait plus que de coutumes la une de l'actualité. Le Parti Socialiste a montré sa capacité à approfondir sa démocratie interne en réalisant les premières primaires de son histoire. Ségolène Royal a gagné nettement mais Dominique Strauss Kahn et sa vision sociale-démocrate ont rassemblé plus de 37000 militants. L'avenir du Parti Socialiste et de la Gauche ne se fera pas sans lui, Ségolène Royal ne gagnera pas toute seule. Face à elle, Nicolas Sarkozy sera un candidat redoutable. Il a une cohérence politique, un charisme, un programme clair, un parti totalement acquis à sa cause et une popularité réelle et profonde construite sur le mythe de sa réussite en matière de sécurité et de son volontarisme.
L'économie et le social ont aussi fait la une de la presse. Au moins deux éléments apparaissent révélateurs des échecs du gouvernement : le CPE imposé sans négociation et finalement retiré à contre coeur par le Premier Ministre sous la pression d'une jeunesse attaché à un modèle de solidarité ; les errements de l'Etat actionnaire pris au piège de sa fusion GDF / Suez ou encore de celle Snecma / Sagem. Le CPE illustre la recherche d'un alignement par le bas à la mondialisation et les errements de l'Etat actionnaire montrent la faiblesse de sa vision stratégique. Alors que la France a des atouts considérables pour trouver sa place dans la mondialisation : des salariés formés et motivés, des entrepreneurs capables de faire de leur PME des leaders mondiaux, des services publics performants, une ouverture réelle sur le monde, notre pays est aujourd'hui au plus mal économiquement : une pauvreté qui remet en cause notre démocratie, des délocalisations qui remettent en cause notre modèle social, un déficit commercial record annonciateur d'un effondrement industriel possible. Plus que jamais, en 2007, il faudra changer de politiques économiques et sociales pour mettre en avant nos atouts et arrêter de chercher un alignement par le bas qui ne marche pas.
Au niveau européen, le Traité Constitutionnel Européen rejeté par la France l'an passé est maintenant ratifié par 16 Etats. Où est le plan B? Nulle part. Il n'existait pas. Aujourd'hui l'Europe glisse doucement mais sûrement vers un grand marché aux faibles ambitions politiques et sociales. Il n'est pas trop tard pour remettre la machine en marche en s'appuyant sur les nombreuses initiatives prises autour de nous : l'appel de Florence, la plan A+... Mais nous devons avoir le courage en France de porter à nouveau une ambition politique pour l'Europe et dire qu'un simple traité institutionnel ne peut pas nous convenir. Le Projet Socialiste que je défends doit donc aller beaucoup plus loin sur les questions sociales, économiques, environnementales...
Au niveau international, le cycle de Doha à l'OMC a été stoppé avant son terme par un constat d'échec. Ce cycle qui devait être celui du développement est aujourd'hui en panne. Il a cependant permis de faire émerger de nouvelles puissances de négociations parmi les pays en développement avec lesquelles nous devrons compter. Le temps est bien fini des simples relations Europe / USA. L'économie mondiale ne nous appartient plus et ne nous appartiendra plus jamais. Le développement de tous ne se fera pas sans un certain partage.
Micael
Commentaires