Bonjour à tous,
En quelques semaines, nous sommes rentrés dans une crise profonde… J’ai l’impression que j’aurais pu écrire cette phrase tous les ans depuis environ 2001, si ce n’est depuis les années 70. Notre pays décroche lentement depuis bien longtemps. La croissance est faible, nous perdons des parts de marché, la pauvreté a cru pendant longtemps et aujourd’hui elle s’aggrave, les résultats financiers des comptes sociaux auraient de quoi mettre en faillite n’importe quelle banque. L’Etat de crise est devenue un quotidien. La génération de nos parents, la mienne et celles qui suient ont intégré la précarité, la perte d’emploi, une retraite faible.
La crise de liquidités que nous avons traversées est l’illustration du marché qui rend fou. Comment des hommes censés être sérieux et compétents ont-ils pu croire que l’immobilier aller grimper jusqu’au ciel ? Comment dans un pays aussi biblique, la parabole de la Tour de Babel a-t-elle pu être oubliée ? Quelques hommes drogués à l’adrénalyne d’un business virtuel qui se joue sur le dos des pauvres ont fait tomber l’ensemble d’un système financier dégagé de toute régulation.
Comment des banquiers qui pour le moindre prêt font passer les entrepreneurs par tout un circuit compliqué de validation, ont-ils aussi facilement joué autant d’argent sur des marchés à haut risque. Finalement, ils aiment le risque ! Ces mêmes banquiers, qui ont adopté les accords de Bâle II qui vont encore compliqués la vie des PME, ont mis en place, dans le même temps, des systèmes à très haut risque. Où sont la logique et la cohérence ? La Caisse d’Epargne peut perdre 600 M€ en jouant ses propres fonds propres mais rechigne à prêter aux entreprises ou aux collectivités.
Le plus terrible, c’est qu’à l’origine, cette crise est une crise de la pauvreté. Les subprimes ont pu pullulés en raison d’une loi américaine destinée à favoriser l’emprunt immobilier pour les américains en difficultés. Une idée sociale a fini en catastrophe financière. A l’arrivée, tout le monde a perdu, voir tout perdu.
Alors que faire ?
D’abord, se demander ce qu’il ne faut pas faire. Au moins trois écueils sont à éviter. Le premier serait de faire comme si rien ne s’était passé. Le deuxième serait de rêver à une nouvelle forme de protectionnisme qui ne fera qu’affaiblir l’ensemble des pays. On ne reviendra pas sur l’interdépendances de nos pays et sur l’irruption dans notre économie capitaliste de nouveaux pays. Imaginer que par quelques droits de douanes, on va stopper les délocalisations et relocaliser des industries parties est une erreur économique. Qui paierait ces droits de douanes ? Les plus pauvres. A l’inverse, travaillons sur une réforme fiscale et réfléchissons sur la TVA. Le protectionnisme doit rester une solution du passé. De même que le troisième écueil qui consisterait à se lancer dans une relance économique classique passant par les déficits publics et la dette.
Nous avons l’occasion de réformer notre système économique comme jamais. Je ne reviendrais pas sur la nécessité d’une politique économique et industrielle européenne ; sur l’obligation morale d’intégrer l’écologie à tous les niveaux ; de mettre à plat l’ensemble du système financier pour construire de nouveaux outils de régulation.
Le drame, c’est que notre planète n’a jamais eu autant besoin de nouveaux investissements à la fois dans les pays en développement mais aussi pour intégrer l’écologie à tous les niveaux et pour répondre aux crises alimentaires. C’est le moment ou notre planète a le plus besoin de capitaux, qu’elle vient de voir partir en fumée plus de 1500 milliards d’euros.
Construire des nouveaux outils de régulation ne sera pas suffisant si on ne construit pas non plus des nouveaux outils de financement adaptés aux défis de notre temps et en particulier le développement durable.
Micael