L'époque industrielle qui se dessine depuis des années et se précise depuis la crise financière est celle de l'usage. Une époque dans laquelle le service semble vouloir effacer l'objet. Semble seulement car les meilleurs services sont encore rendus par des objets dont le dessin recherche la beauté. Utiliserait on autant nos iphone ou ipad si l'objet était disgracieux? Et que dire des cafetières xpresso (pour ne pas donner la marque) Rien n'est moins sur.
L'automobile n'échappe pas à ces mutations. La mobilité prends le pas sur la voiture. Peu importe l'objet à 4 ou 2 roues, tant que je puis me rendre d'un point A à un point B. Peu importe, même, si je dois changer de moyen de tranport. Cette évolution est lancée et elle dessine déjà les offres commerciales des grands constructeurs.
Pourtant, s'il est un domaine ou la relation est forte entre l'objet et son propriétaire, c'est bien la voiture.
L'exposition en cours de quelques chefs d'œuvres de la collection d'automobile de Ralph Lauren au musée des arts décoratifs de Paris nous le rappelle chaque instant.
17 bolides pensés pour la course. Tous titrés. Tous exceptionnels.
De 1929 au début des années 60, c'est toute l'histoire automobile qui défile. Des automobiles taillées pour l'excellence. Des formes surprenantes, des puissances affirmées et déraisonnables au vu de la tenue de route parfois nerveuse de certains bolides.
Des courbes, des mécaniques, des couleurs qui révèlent un travail d'artisanat hors du commun et un sens de l'innovation de rupture. La Bugatti 57 S(C) Atlantic de 1938 nous laisse admiratif devant le travail de carrosserie de l'usine alsacienne qui l'a produite. La puissance des Ferrari et leur couleur unique imposent le respect. Que dire des courbes des Jaguar et en particulier de la fameuse XKD équipée d'un aileron de « requin » qui fut la voiture la plus titrée de sa génération. L'Allemagne est aussi à l'honneur avec la Mercedes-Benz SSK « Comte Trossi » du nom de son dernier propriétaire qui en fit, en 1930, un monstre de 300 CV à la carroserie aussi agressive que surprenante. La Porsche 550 Spyder nous rappelle James Dean et la fureur de vivre. Et que penser des portes-papillons de la fameuse 300 SL de 1955...
L'objet a encore de beaux jours devant lui...
Micael
L'art de l'automobile : http://www.lesartsdecoratifs.fr/francais/accueil-292/une-486/francais/arts-decoratifs/expositions-23/actuellement-501/dans-la-nef/l-art-de-l-automobile-chefs-d/