L’Europe est souvent le parent pauvre des campagnes présidentielles avant de devenir, souvent, une fois l’élection passée, la tête de Turc. En réalité, la relation à l’Europe révèle la capacité de l’homme d’Etat. Comment inscrire la France dans la mondialisation sans considérer l’Europe comme l’espace pertinent.
Parmi les questions européennes, il en est une qui ressort à la faveur de la crise : faut-il sortir de l’Euro ? Pour ceux qui répondent oui, les raisons avancées sont au nombre de trois : revenir au franc permettrait de regagner en souveraineté, en emploi, en compétitivité.
En réalité, sortir de l’Euro serait une décision antisociale, antiéconomique et anti-souveraineté !
Antisociale parce que le retour au franc se traduirait par une dévaluation massive. Peu d’investisseurs feraient alors confiance à notre monnaie nationale. Le coût des importations exploserait se traduisant par une baisse massive du pouvoir d’achat. Qui pourra faire son plein avec un prix au litre dépassant les 2 euros ?
Anti-compétitivité parce que le problème de compétitivité de nos entreprises n’est pas un problème de coût. Dévaluer n’aura aucune conséquence sur le positionnement stratégique de nos industries. Nous aurons donc la hausse du coût des achats sans avoir la hausse du chiffre d’affaires. L’ajustement se fera alors sur l’emploi.
Et enfin anti-souveraineté. Revenir au franc fera exploser l’Euro. Le résultat sera, avec le retour des monnaies nationales, de rouvrir un nouveau terrain de jeu à la finance et à la spéculation. Rappelons-nous dans les années 90, les crises monétaires que nous avons connues du fait de la spéculation entre les monnaies européennes. Dans de telles conditions, avec un tel renforcement de la spéculation et de la finance, comment pourrions-nous retrouver de la souveraineté face à ces marchés ? En réalité, nous serions totalement entre les mains de la spéculation.
Parmi les 6 principaux candidats aux élections présidentielles, seule Marine Le Pen porte cette proposition de retour au franc démontrant ainsi la totale incohérence entre son discours et la réalité de ses propositions.
Micael
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